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Droit au silence, oui. Droit de mentir, non !

Le 15 décembre 2017

En Belgique, à la différence de ce qui se passe dans les films américains, aucun prévenu ne doit jamais jurer " de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ".
Les Belges auraient-ils donc le droit de mentir à la justice ?

En fait, au tribunal, le seul droit au sujet de la prise de parole de l’accusé, c’est le droit au silence.
Différentes raison expliquent celui-ci.
Tout d’abord, on ne peut pas obliger quelqu’un à parler. La seule manière de l’y contraindre, ce serait la torture.
Le respect de l’important principe de la présomption d’innocence est une autre raison.
Et enfin, la preuve de l’infraction doit être apportée par celui qui accuse (c’est-à-dire le parquet) et non par l’accusé. Celui-ci a donc le droit de ne pas aider à la recherche de la vérité, de ne pas s’accuser ou de ne pas se défendre. Il a le droit de se taire, le droit au silence. (Ce que Salah Abdeslam applique depuis des mois, par exemple.)

Mentir, oui mais…

Non seulement l’accusé a le droit de se taire mais… il pourrait aussi mentir pour brouiller les pistes, tromper le juge, se défendre. Comme tels, ses mensonges ne seront pas punis.
Cela voudrait-il dire qu’il existe un " droit au mensonge " dans la loi belge ? Un droit dont l’avocat pourrait, lui aussi, profiter pour défendre son client tout en sachant qu’il ne dit pas la vérité ?!
Dans les faits, les avocats conseillent généralement à leurs clients de ne pas mentir. En effet, un prévenu peut risquer une peine plus lourde lorsque le juge constate des contrevérités. Autre raison pour laquelle un avocat conseille de dire la vérité : si un prévenu ment, l’avocat qui le défend devrait mentir à son tour. Or, les avocats doivent rester crédibles auprès des juges et, s’ils mentent, leur crédibilité est mise à mal, leur réputation est en jeu.

…sans droit au mensonge !

Un accusé peut dire la vérité, il peut ne pas la dire tout à fait, il peut se taire : c’est à lui de choisir son attitude, sa défense. S’il ment, il ne sera donc pas poursuivi pour ses mensonges mais il devra en subir les conséquences (par exemple, une peine plus lourde si le juge estime qu’il a menti). Précisons encore que, s’il produit volontairement de faux certificats ou attestations, il sera puni.
Enfin, soulignons que la justice a de plus en plus de moyens, notamment techniques, pour démasquer un imposteur.
Donc, cela ne signifie pas que mentir, même pour se défendre, soit un droit ! Par contre, se taire est un droit fondamental.

Commentaires

  1. Droit au silence oui. Droit de mentir, non

    16 décembre 2017

    Michel Schobbens

    Droit au silence, oui mais avec une sanction plus lourde en cas de culpabilité
    Droit de mentir. Non, sanction lourde s’il est prouvé qu’il a menti.

  2. Droit au silence oui. Droit de mentir, non

    16 décembre 2017

    Nadine

    "Droit au silence, oui mais avec une sanction plus lourde en cas de culpabilité
    Droit de mentir. Non, sanction lourde s’il est prouvé qu’il a menti."

    Tout dépend du cv du menteur quand même.

    • Droit au silence oui. Droit de mentir, non

      23 décembre 2017

      Gisèle Tordoir

      Croyez-en mon expérience : le droit de mentir existe bel et bien pour certain(s). S’agit-il d’un virus dont on est atteint du fait d’avoir tant lu et/ou entendu de mensonges ? D’une prédisposition ? D’un penchant assez naturel ? Toujours est-il que vous avez raison, Nadine, tout dépend du C.V. du menteur.

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