Les rouages de la justice

Vivre sa condamnation pénale

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Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

Le 2 juin 2018

Comme tous les ans, l’Observatoire international des prisons (en bref, l’O.I.P.) vient de publier son rapport concernant les conditions de vie dans les prisons.
Ainsi qu’il le fait depuis vingt ans, l’O.I.P. dénonce, une fois de plus, les abus et le non-respect des droits humains dans les établissements pénitentiaires belges.

Nombreux faits inquiétants

Pour l’année 2017, l’O.I.P. remarque que la Belgique s’est à nouveau fait interpeler par les autorités internationales et, par exemple, par la Cour européenne des droits de l’homme. Celle-ci l’a condamnée pour la mort d’un jeune prisonnier, malade mental, provoquée par l’intervention des agents pénitentiaires.
En 2014 déjà, la Cour européenne des droits de l’homme avait imposé à la Belgique de résoudre les problèmes liés à la surpopulation de ses prisons, à leur vétusté et au manque d’hygiène.
L’O.I.P. relève et souligne certains faits particulièrement inquiétants.
Durant les actions collectives des agents, comme des grèves, les conditions de vie des détenus ne respectent plus les droits de l’homme. En effet, ils sont alors souvent privés de visite mais aussi d’activités ou encore d’accès régulier aux douches. L’O.I.P. insiste pour qu’en cas de grève, un service garanti soit organisé pour respecter les droits des prisonniers à une vie digne.
Autre fait grave : les malades mentaux, internés, doivent normalement être placés dans des établissements qui permettent de les soigner. Ce n’est, la plupart du temps, pas le cas et ces détenus peuvent se retrouver dans les annexes psychiatriques des prisons pendant plusieurs années. Or le personnel spécialisé en santé mentale y est trop peu nombreux.
En septembre 2016 déjà, la Cour européenne des droits de l’homme avait donné deux ans à la Belgique pour revoir et humaniser sa politique d’internement des détenus atteints de troubles psychiatriques.

Santé et hygiène

Un prisonnier sur deux se dit en mauvaise santé. L’O.I.P. souligne l’absence ou les grands retards de soins de santé. Le personnel médical est insuffisant et donc, il faut longtemps pour obtenir un rendez-vous. D’autre part, un médecin doit parfois examiner 20 à 50 détenus en deux heures ! Des prisons n’ont pas non plus de médecins spécialistes ou pas de centre médico-chirurgical pour réaliser certains examens et interventions. Les détenus doivent être emmenés dans des hôpitaux à l’extérieur mais, comme des mesures de sécurité doivent alors être mises en place, l’accès aux soins est encore allongé.
L’O.I.P. souligne, une fois de plus, le mauvais état des anciennes prisons, vétustes et mal entretenues. Les conditions d’hygiène peuvent y être dramatiques : toilettes non isolées ou réduites à un seau, moisissure sur les murs, douches accessibles seulement un jour sur trois, etc. Dans les prisons plus récentes, les fenêtres ne s’ouvrent pas, aucune aération naturelle n’est possible.
La surpopulation est toujours aussi préoccupante et source de conditions de vie difficiles et malsaines par exemple lorsque l’espace minimal individuel est inférieur à 4m2 dans des cellules partagées.
Les conditions de vie difficiles des détenus entrainent inévitablement des conditions de travail pénibles pour les agents et tous les travailleurs du monde de la prison.

Nouvelles prisons

En février 2017, le ministre de la Justice a annoncé la création de nouvelles places. Il prévoit l’extension de certains établissements, la création de nouvelles prisons, de centres de psychiatrie légale et de maisons de transition pour des détenus en fin de peine. Une méga-prison devrait être construite à Haren, avec 1190 cellules.
Selon l’O.I.P., sa construction ne réduira pas le problème de la surpopulation et ne provoquera pas nécessairement la fermeture des établissements vétustes. D’autre part, cette prison sera gérée de manière beaucoup moins humaine, en ayant davantage recours à des moyens techniques modernes. L’O.I.P. s’oppose à ce projet. Il considère que la Belgique investit pour la répression des détenus et dans la construction de murs alors qu’il serait plus utile de travailler à leur réinsertion avec d’importants moyens humains.

Commentaires

  1. Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

    5 juin 2018

    GeorgesOE

    Tout ce qui concerne le détenu ne devrait s’appécier qu’au prisme des victimes, anciennes et potentielles !

  2. Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

    5 juin 2018

    Christine BIKA

    La privation de liberté est une peine en soit et suffisante. On a aboli la torture depuis longtemps et infliger des souffrances à des détenu-e-s, ça ne soulagera personne ni ne fera revenir des personnes assassinées.

    • Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

      6 juin 2018

      Nadine

      @ Christine Bika

      C’est exact. Mais en l’absence et dans l’attente de conditions de détention décentes, que préconisez-vous d’autre pour protéger valablement la société des prédateurs ?

      Sinon, l’UE à surtout "aboli" la peine de mort, ce qui doit être salué. Torture et peine de mort sont incompatibles avec la notion de peuples civilisés.

  3. Difficiles (ou dramatiques ?) conditions de vie en prison !

    6 juin 2018

    Nadine

    @ GeorgesOE

    ".... aux victimes potentielles ".

     ?!? La formule fait dans le spéculatif. Pour ma part, je laisse ce genre de pratique aux grands argentiers qui ont plutôt bien réussi . A pourrir la société.

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